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Adopté quelques semaines seulement après les élections municipales, le budget primitif a été construit sur les bases établies par l’ancienne majorité municipale. Les nouveaux élus on souhaité néanmoins y apporter des premiers changements conformes à leur feuille de route, en attendant le budget rectificatif présenté cet été. 

Interview de Pierre Ernesty, adjoint au maire en charge des finances

Dans quel contexte ce budget primitif 2026 a-t-il été élaboré ?

« L’équipe municipale a été élue le 22 mars, le maire et les adjoints le 27 mars. Légalement, le budget des communes doit être voté avant le 30 avril. C’est dans ce contexte d’urgence que la majorité a choisi de garantir la continuité du service public, sécuriser les équilibres financiers et préparer sereinement le budget rectificatif de mi-année, qui permettra d’inscrire plus clairement les priorités de la nouvelle majorité. » 

Pourquoi avoir fait le choix de ne pas intégrer dès maintenant les grandes orientations du programme de la nouvelle majorité ?

« Tout simplement parce que le calendrier ne le permettait pas. En trois semaines, il est impossible de redéfinir entièrement un budget de fonctionnement et d’investissement de 60 à 90 millions d’euros dans le respect des règles de gestion publique. Nous avons donc fait un choix de responsabilité : ne pas tout bouleverser immédiatement, mais identifier les marges de manoeuvre existantes. Les choix structurants, qu’il s’agisse de réorientations ou de nouveaux projets, seront intégrés au budget rectificatif de juillet 2026. » 

Vous parlez d’un « budget de continuité maîtrisée » : concrètement, qu’est-ce que cela signifie pour la gestion de la Commune en 2026 ?

« Cela signifie que nous assurons la stabilité de la Commune sans rupture brutale dans la gestion. Concrètement, nous ne lançons pas de nouveaux projets structurants dans ce budget primitif. C’est aussi un budget marqué par une grande vigilance financière : aucun nouvel emprunt n’est prévu en 2026, et nous privilégions l’autofinancement. Cela nous permet de maintenir une trajectoire saine tout en gardant des marges de manoeuvre pour les décisions futures. » 

Les priorités affichées sont la sobriété financière et la rigueur fiscale : comment cela se traduit-il concrètement dans les chiffres du budget ?

« Les suppressions de la vente de l’école Perrault et de la rue de l’Étang, soit 4,6 M€ de recettes d’investissement, ont été compensées par un effort d’ajustement de nos dépenses d’investissement. En fonctionnement, nous avons recherché des économies ciblées pour équilibrer le budget malgré, notamment, la hausse du taux de taxe foncière décidée par l'État. Le budget atteint 61,01 M€ en fonctionnement et 30,19 M€ en investissement, tout en respectant l’équilibre recettes/dépenses obligatoire pour les villes. La logique est simple : dépenser de manière plus maîtrisée, sans fragiliser les services publics. » 

L’absence de nouvel emprunt en 2026 est un signal fort : quels sont les objectifs derrière cette décision et ses conséquences pour les investissements ?

« Notre programme mentionnait que les dépenses d’investissement devaient trouver leurs recettes dans des cessions d’actifs dont la Ville n’a plus besoin. Cela n’empêche pas l’investissement. Mais il impose une sélection plus rigoureuse des projets et une priorisation claire. Les opérations non matures, non sécurisées ou non alignées avec le programme de l’équipe élue ont été différées, afin d’éviter tout engagement irréversible ou risqué. La Ville doit supporter le nouvel emprunt de 5,85 M€ décidé par la majorité précédente. » 

Comment ce budget parvient-il à concilier maîtrise des dépenses et maintien de la qualité des services publics ?

« C’est précisément l’équilibre recherché. Les ajustements ont été faits sur des projets non engagés, sans toucher au fonctionnement essentiel des services. Les moyens dédiés aux services publics sont préservés, notamment sur les grandes politiques locales et les associations, avec une enveloppe globale maintenue à 1,14 M€. L’objectif est de garantir un service public stable, tout en améliorant progressivement l’efficience de la dépense publique. » 

La Commune a décidé de baisser sa part de la taxe foncière de 0,8 % : quel est le message adressé aux contribuables à travers cette mesure ?

« Le message est très clair : nous faisons le choix de protéger le pouvoir d’achat des habitants. Cette baisse compense intégralement la hausse des bases décidée au niveau national. Concrètement, cela représente environ 200 000 euros restitués aux contribuables. C’est un engagement de campagne que nous avons tenu dès ce premier budget : ne pas augmenter la pression fiscale locale liée aux décisions de l’État. Le taux de la taxe foncière passe donc de 25,78 % à 25,57 % soit 0,21 points. » 

Enfin, en quoi ce budget prépare-t-il le futur budget rectificatif de mi-année et les choix structurants de la mandature ?

« Ce budget primitif est une première étape. Il sécurise la situation et ouvre des marges de manoeuvre. Le budget rectificatif de juillet 2026 verra le début des orientations des six années à venir. Il permettra d’intégrer les choix du programme municipal : réaffectation de certains biens communaux, nouveaux projets structurants, et révision des priorités d’investissement. En résumé, ce budget primitif pose les fondations d’une gestion maîtrisée, et le budget rectificatif en sera la traduction politique et stratégique. »