Élodie Wembanyama - « Le plus important pour moi, c’est que mes enfants soient de bonnes personnes »
Ancienne joueuse de haut niveau, éducatrice passionnée et mère de trois sportifs (Ève, Victor
et Oscar), Élodie Wembanyama, revient sur son parcours, son amour du basket et son
attachement à la ville. Entre transmission, éducation et valeurs familiales.
Vous avez été basketteuse de haut niveau, puis éducatrice. Que représente le basket dans votre vie ?
Le basket est avant tout une passion. Dès mon premier entraînement, j’ai ressenti quelque chose de très fort. Dans les années 80, devenir basketteuse professionnelle n’était pas simple : il existait peu de structures et les perspectives étaient limitées. J’ai aussi grandi dans une famille pour laquelle les études étaient très importantes. Je comprenais cela, d’autant que le basket était une passion, mais pas la seule. J’ai tout de même suivi un parcours d’excellence et intégré l’équipe professionnelle de Versailles en tant que jeune joueuse. Par la suite, j’ai évolué en deuxième division.
Après votre carrière de joueuse, vous êtes devenue éducatrice. Qu’est-ce qui vous a donné envie de transmettre ?
Je n’ai pas attendu la fin de ma carrière pour entraîner. J’ai commencé assez tôt à l’École Américaine de Paris. C’est un de mes coachs, Henry Fields (l’un des premiers Américains professionnels en France) qui m’a proposé d’essayer. J’ai donc entraîné tout en continuant à jouer. L’expérience s’est très bien passée. En parallèle, j’ai toujours entraîné des équipes de jeunes dans mes clubs.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le fait d’entraîner des enfants ?
J’ai énormément de joie à transmettre ma passion du basket aux enfants. Je les admire beaucoup : ils ont une énergie, une spontanéité et une confiance dans ce qu’ils peuvent accomplir qui sont très inspirantes. Quand j’ai commencé à entraîner les tout-petits, de 5 ou 6 ans, ce n’était pas encore très répandu. J’ai toujours essayé de créer des entraînements ludiques, en faisant appel à leur imaginaire. L’objectif n’était pas de former des sportifs de haut niveau, mais de leur permettre de s’amuser, de progresser et de prendre du plaisir.
Quand vos enfants se sont tournés vers le basket de haut niveau, avez-vous eu des craintes ?
Non, pas vraiment. Les choses se sont faites progressivement. Ils ont grandi dans un environnement où le basket était présent, mais ni leur père ni moi ne leur avons jamais imposé l’idée de devenir sportifs professionnels. Ils ont essayé plusieurs activités. Par exemple, mon fils Oscar était très fort au handball et déjà repéré par plusieurs clubs. Il aurait pu poursuivre dans cette voie. Finalement, il a choisi le basket, mais cela aurait été pareil pour nous s’il avait choisi autre chose.
En tant qu’ancienne joueuse et coach, arrivez-vous à garder simplement un regard de maman ?
Quand je les regarde jouer, j’ai surtout l’admiration d’une maman. Bien sûr, il m’arrive d’avoir un regard de coach et de remarquer certaines choses. Mais j’essaie de rester à ma place : ils sont entourés d’excellents entraîneurs. Il peut m’arriver, tout de même, de faire une remarque.
Y a-t-il eu un moment où vous avez compris que vos enfants vivaient quelque chose d’exceptionnel ?
Je ne dirais pas un moment précis. Mais j’ai très tôt remarqué chez eux des aptitudes physiques et cognitives importantes. Ils ont été très précoces sur le plan moteur et se débrouillaient bien dans tous les sports qu’ils pratiquaient. Pour Victor, un moment marquant reste un tournoi à Bourbourg lorsqu’il avait neuf ou dix ans : on pouvait déjà voir un écart avec les autres enfants.
Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous rend le plus fière ?
Ce qui me rend le plus fière, c’est que mes enfants soient de bonnes personnes. Qu’ils aient des valeurs, qu’ils soient gentils, respectueux et intelligents. C’est cela qui compte le plus pour moi. Puis, je suis heureuse du travail collectif que nous avons mis en place pour la réussite de nos enfants. Ma mère a beaucoup aidé pour les amener sur les différents terrains.
Arrivez-vous à préserver des moments familiaux où le basket disparaît complètement ?
Oui, et même la plupart du temps. Le basket n’est pas un sujet central dans nos moments en famille.
On sent, chez vous, un attachement très fort à la ville du Chesnay-Rocquencourt. Comment l’expliquez-vous ?
J’ai découvert Le Chesnay lorsque j’ai joué pour le club. Avant cela, je connaissais surtout la ville comme rivale de Versailles. En entraînant les enfants, j’ai vu tout ce que la ville proposait pour les jeunes : les Olympiades, les activités, les événements. Je me suis alors dit que, le jour où j’aurais des enfants, j’aimerais qu’ils grandissent ici. Lorsque nous avons fondé une famille, nous avons donc choisi de nous installer au Chesnay-Rocquencourt. Nos trois enfants y ont grandi, y ont fait leur scolarité et leur sport.

