Docteur Stéphanie Francony-Guillemot
Découvrez Stephanie, vétérinaire à la Clinique vétérinaire Saint-Antoine. À travers cet entretien, elle décrypte les défis de la vie urbaine pour les chiens, les chats et les nouveaux animaux de compagnie.
Quels sont les principaux défis de la vie urbaine pour les animaux domestiques (chiens, chats, nouveaux animaux de compagnie) ?
Le principal défi est le manque d’espace, ainsi que l’écart entre l’habitat naturel de l’animal et celui que nous lui proposons en ville. L’accès limité à la nature, que ce soit pour les chats ou pour les chiens, demande aux propriétaires une réelle organisation et la mise en place d’activités palliatives afin de préserver le bien-être de leur animal.
La ville peut-elle avoir un impact sur la santé des animaux (pollution, bruit, stress) ?
Bien sûr. Le bruit constant peut provoquer une nervosité accrue et entraîner de l’hypervigilance et de la peur chez certains animaux, à l’origine par exemple d’aboiements intempestifs chez les chiens, voire parfois d’agressivité chez le chien et le chat. La pollution, comme chez les humains, renforce les problèmes respiratoires et allergiques. Enfin, la sédentarité des chats vivant en appartement peut entraîner de l’obésité, du diabète et des troubles du comportement, tels que la malpropreté ou le léchage compulsif.
En quoi la santé animale est-elle un enjeu en milieu urbain ?
La forte densité d’animaux en milieu urbain (chiens, chats, pigeons, rongeurs) favorise la transmission rapide de maladies contagieuses et la présence accrue de parasites (puces, tiques, vers). Il s’agit donc avant tout d’un enjeu de santé publique, notamment en raison de l’existence de maladies transmissibles.
L’hygiène et la propreté des espaces publics sont ainsi des enjeux majeurs pour les collectivités locales, en particulier dans la gestion de la prolifération des animaux errants. Mais la santé animale est aussi un atout essentiel pour la santé mentale et le bien-être des humains : la présence d’animaux en ville apporte de la compagnie face à l’isolement, un soutien émotionnel dans un environnement également très stressant pour les humains, et favorise le lien social entre propriétaires (promenades, parcs à chiens).
Quelles sont les bonnes pratiques pour bien vivre avec son animal en milieu urbain (sorties, propreté, sécurité) ?
Vivre avec un animal est un choix personnel qui implique des responsabilités. Celui-ci ne doit pas être à l’origine de troubles du voisinage. Le respect de ses besoins physiologiques est donc essentiel : temps de promenades suffisant, moments de présence et d’interaction, enrichissement de son environnement (jeux, arbre à chat, griffoirs…). Ces éléments permettent de prévenir l’ennui et les comportements gênants, comme les aboiements intempestifs.
En ville, les promenades doivent impérativement se faire en laisse, avant tout pour la sécurité de l’animal, mais aussi pour celle des passants, des cyclistes et des véhicules. Le ramassage systématique des déjections, quelle qu’en soit la taille, est indispensable afin de préserver la propreté des espaces publics.
Quelle est la place des animaux dits « errants » en ville et comment mieux les protéger ?
Il ne devrait pas y avoir d’animaux « errants ». Leur surpopulation constitue un risque sanitaire pour les autres animaux, en raison des maladies contagieuses, et parfois pour l’humain, notamment à travers le parasitisme et certaines zoonoses. La priorité est donc la gestion de la reproduction : capturer les animaux, les stériliser et les identifier afin de limiter leur multiplication.
De nombreux bénévoles réalisent un travail remarquable en mettant en place des points de nourrissage, des abris et en assurant les soins nécessaires, souvent à leurs frais. Mieux protéger ces animaux consiste avant tout à prévenir leur prolifération et à envisager la création de véritables zones d’accueil leur permettant de s’abriter, de se reposer et de bénéficier d’une surveillance sanitaire.
La ville peut-elle être un environnement favorable au bien-être animal ? Sous quelles conditions ?
La ville peut offrir des stimulations variées, des contacts sociaux et un accès facilité aux soins vétérinaires, à condition de compenser ce que la nature procure spontanément. Cela suppose une stimulation mentale par le jeu, une dépense physique quotidienne adaptée, un espace de repos calme et une présence humaine suffisante.
Les métiers de promeneur de chiens et de pet-sitter se développent fortement en milieu urbain et permettent de pallier des amplitudes d’absence importantes, notamment en région parisienne. La proximité des cabinets, cliniques et hôpitaux vétérinaires favorise également un suivi régulier en matière de prévention, comme la vaccination et les traitements antiparasitaires.
Quels animaux rares êtes-vous amenée à traiter ?
Nous avons suivi pendant plusieurs années un élevage de Boa constrictor composé d’une dizaine d’adultes, représentant une quarantaine de naissances par an.
Les cabinets vétérinaires au Chesnay-Rocquencourt
- Clinique vétérinaire Saint-Antoine
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