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Vous souvenez-vous de votre première partie ?

Je pratique la pétanque depuis l’âge de 13 ans. J’ai débuté au Congo-Brazzaville, mon pays d’origine, dans le quartier où j’ai grandi. À l’époque, je regardais simplement les entraînements des grands joueurs. Un jour, je suis arrivé en avance et il y avait des boules posées à côté. Je me suis alors dit : « Pourquoi ne pas essayer ? »

Avez-vous vite compris que vous aviez un don pour ce sport ?

Quand j’ai lancé les premières boules, le coach a immédiatement remarqué mon geste. Il m’a demandé si j’avais déjà joué auparavant. Je lui ai répondu que non. Il m’a alors encouragé à revenir m’entraîner régulièrement. Rapidement, j’ai intégré l’équipe. Lors d’un championnat majeur, malgré mon jeune âge, le coach m’a fait jouer alors que nous étions menés. J’avais beaucoup de pression, mais il m’a mis en confiance. Nous avons gagné les deux parties et cette année-là, nous sommes devenus champions de Brazzaville. J’avais 15 ans et cela faisait seulement deux ans que j’avais commencé la pétanque.

À quel moment la pétanque est-elle devenue plus qu’un simple loisir pour vous ?

C’est arrivé lorsque je me suis installé au Bénin après les événements sociopolitiques au Congo. En arrivant à Cotonou, j’ai vu des gens jouer à la pétanque et j’ai rapidement compris que le niveau était élevé. Une semaine plus tard, je suis revenu jouer. Des joueurs m’ont prêté des boules et ils m’ont rapidement remarqué. Très vite, j’ai intégré un club et, dès ma première année, je suis devenu champion du Bénin en triplette. À partir de ce moment-là, j’ai compris que la pétanque pouvait devenir un véritable sport et m’ouvrir des portes.

En 2016, vous devenez vice-champion du monde avec le Bénin. Racontez-nous. 

Cette aventure s’est construite progressivement. Après les phases de poules, nous avons affronté plusieurs grandes nations. En huitième de finale, nous avons battu la Thaïlande 13 à 2, ce qui a surpris beaucoup de monde car la pétanque est quasiment un sport national là-bas. Ensuite, nous avons éliminé l’Italie avant d’affronter la France en demi-finale.

À l’époque, la France dominait la discipline depuis des années. Notre victoire a été vécue comme un immense exploit, presque comme si nous étions champion du monde. La fédération nous a offert une moto à chacun.

Après plus de trente ans de pétanque, qu’est-ce que ce sport vous a apporté ?

La pétanque m’a tout donné. Si je suis aujourd’hui en France, c’est grâce à elle. J’ai reçu une invitation après les championnats du monde et cela m’a permis de découvrir ce pays. Mon premier emploi en France, je l’ai obtenu grâce à des rencontres faites dans le milieu de la pétanque. Les amis que j’ai aujourd’hui et ma femme, je les ai connus grâce à ce sport. Et puis, j’ai voyagé à travers le monde grâce à elle.

Comment êtes-vous arrivé au club du Chesnay-Rocquencourt ?

J’ai rencontré un membre du club en 2018, peu après mon arrivée en France. Nous avons joué plusieurs concours ensemble et il m’a proposé de rejoindre le club. J’ai signé en 2019, puis je suis revenu après une parenthèse dans un autre club du Val-d’Oise. Pourquoi revenir ici ? Parce que j’y ai trouvé une ambiance conviviale, beaucoup d’amitié et un vrai esprit de club. Je m’y sens comme chez moi.

Quel rôle avez-vous aujourd’hui au sein du club ? 

J’essaie de transmettre mon expérience aux autres joueurs, de donner quelques conseils et parfois d’aider comme un entraîneur. Mais ce que j’aime le plus, c’est partager des moments avec les joueurs du club, notamment lors des concours. Bien sûr, j’ai encore des ambitions sportives, notamment participer aux championnats de France, mais l’aspect humain reste le plus important.

Vous imaginez-vous un jour arrêter la pétanque ?

La beauté de la pétanque, c’est qu’on peut y jouer à tout âge.

Au club, nous avons encore des joueurs de plus de 90 ans qui viennent jouer régulièrement. Tant que j’aurai la force de lancer les boules, la pétanque fera partie de ma vie. Et ce n’est pas à 49 ans que je pense à arrêter.